Semaine nationale de l'artisanat

Interview de M. Bernard STALTER, président
de l'APCMA

En tant que co-organisateur avec l´U2P, que représente pour vous la Semaine nationale de l'artisanat ?

La Semaine nationale de l´artisanat est une belle opportunité pour communiquer sur les 250 métiers et les 510 activités que comptent le secteur de l’artisanat. Elle met également en évidence les atouts économiques et sociaux de la « Première entreprise de France ».

Notre pays nourrit en son sein une anomalie fondamentale : il ne sait pas reconnaître ses artisans, alors que nous offrons une palette de réponses aux principaux enjeux de demain ! Sur une semaine et dans toute la France, l’ensemble du réseau des chambres de métiers et de l’artisanat et des organisations professionnelles se mobilisent afin de rappeler au grand public le dynamisme des métiers et les nombreuses possibilités de réussites pour tous ceux qui souhaitent rejoindre l´artisanat. A nous pendant cette semaine de montrer aux Français, la multitude de métiers qui peuvent les conduire à des carrières passionnantes et passionnées.

Quels messages souhaitez-vous particulièrement faire valoir dans le cadre de cette semaine ?

Avec son million d’entreprises qui maillent le territoire, le secteur de l’artisanat est l'une des locomotives de l’économie française : une entreprise sur trois en France est artisanale et l’artisanat forme 37 % des apprentis. Je souhaite vivement que cette seizième édition continue à faire prendre conscience de la richesse économique, humaine et du talent des entreprises artisanales ! L’artisanat est un secteur porteur d’avenir : il suffit de découvrir les parcours exemplaires des derniers lauréats nationaux du prix Stars & Métiers, pour s’en rendre compte.

Il s’agit également de faire savoir que de nombreuses entreprises artisanales sont en sous-effectifs et qu’il y a des carrières valorisantes à mener dans l’artisanat et notamment par la reprise d’entreprise. Les chambres de métiers se sont dotées d’outils pour répondre aux besoins des entreprises artisanales : l’université régionale des métiers et de l’artisanat permet de construire un parcours individualisé de formation et la Bourse nationale d’opportunités artisanales, la plateforme de rapprochement entre cédants et repreneurs, répertorie quelques six mille entreprises à reprendre.

Un autre message, soutenu par la campagne « Nous avons tous une bonne raison de choisir l’artisanat », est de démontrer que l’artisanat est au cœur de la vie quotidienne des Français et de les inciter à faire plus largement le choix des produits et services des artisans. Nous attirons leur attention sur les valeurs qui leur sont attachées : la qualité, le conseil et la proximité.

Quelles sont les priorités de l'APCMA pour 2017 ?

Cette année, l’artisanat doit être placé au cœur du débat public. Le positionnement de l’artisanat dans l’économie française, dans l’aménagement du territoire, dans le système de formation des jeunes est une des grandes priorités. Aujourd’hui, 20 % des chefs d’entreprise ont plus de 55 ans. Ce serait un drame social si leurs entreprises ne se transmettaient pas et mettaient la clé sous la porte car, souvent, les collaborateurs ont un décalage de cinq ou six ans avec leur chef d’entreprise et sont alors dans la plus grande difficulté à retrouver un travail.

En 2017, il faut également rétablir la confiance des chefs d'entreprises. Sous prétexte de modernité, de nouvelles technologies et de nouveaux usages, on laisse prospérer des formes d'entreprises désincarnées au mépris de ce qui est la force de notre modèle économique et social : l'entreprise de proximité. Je suis d’accord pour libérer les énergies, c’est pourquoi nous encourageons la création et l’envie d’entreprendre, mais pas à n’importe quel prix. Quand on est artisan, on n’a pas peur de la concurrence, du moment qu’elle est loyale. La qualification professionnelle est la base d’une concurrence équitable et permet de préserver la sécurité et la santé des consommateurs et des professionnels.

En 2017, il faut passer à l’acte en prenant de bonnes mesures, sur le moyen et le long terme. On ne peut plus fonctionner avec des règles décalées et inadaptées. Nos entreprises qui emploient de la main d’œuvre qualifiée sont lourdement pénalisées par des cotisations sociales qui ne correspondent plus à l’économie moderne. Il faut que la France change de logiciel.

Enfin, l’enjeu cette année est de rappeler également que le rôle premier des chambres de métiers, leur cœur de métier, c’est d’accompagner les artisans dans toutes les étapes de leur vie de chef d’entreprise. Chaque année, près de 100 000 Français créent ou reprennent une entreprise artisanale et 180 000 apprentis se forment aux métiers de l’artisanat : ils doivent être plus nombreux !

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